Le trouble de l'écriture

La dysgraphie

La dysgraphie désigne une difficulté durable de l'écriture manuscrite. Elle se manifeste par une écriture insuffisamment lisible, fluide et/ou rapide malgré un enseignement adapté. Ces difficultés retentissent sur les apprentissages scolaires ou les activités de la vie quotidienne nécessitant le recours à l'écriture.

Comme l'explique l'Inserm, l'enfant ne parvient pas à automatiser suffisamment le geste d'écriture. Il doit contrôler consciemment le tracé de chaque lettre, ce qui mobilise une part importante de son attention. Il lui reste alors moins de ressources pour se concentrer sur l'orthographe, la rédaction ou le contenu de ce qu'il écrit.

L'évaluation des difficultés repose sur un examen clinique, complété par des outils standardisés. Elle permet d'apprécier la qualité de l'écriture, sa vitesse, son degré d'automatisation ainsi que leurs conséquences dans les activités scolaires et quotidiennes.

Les difficultés d'écriture peuvent s'accompagner d'une fatigue importante, d'un coût cognitif élevé, d'une perte de confiance, d'une anxiété de performance, d'une frustration ou d'un évitement des tâches d'écriture.

A retenir

La dysgraphie n'est pas liée à un manque d'application ou d'entraînement. Elle traduit une difficulté durable à automatiser le geste d'écriture. Ainsi, un enfant peut produire une écriture soignée, mais au prix d'un effort important, d'une lenteur excessive ou d'une fatigue inhabituelle.

Les premiers signes sont souvent repérés à l'école primaire. Une écriture qui reste peu lisible, lente, irrégulière ou douloureuse malgré les apprentissages habituels mérite une évaluation spécifique. Une fatigue importante, un effort excessif ou un retentissement sur les apprentissages, les résultats scolaires ou le bien-être de l'enfant constituent également des signes d'alerte.

Le diagnostic est généralement envisagé à partir du CE1, après une période suffisante d'apprentissage de l'écriture manuscrite. La dysgraphie est fréquemment associée à d'autres troubles du neurodéveloppement, notamment un trouble de la coordination (TDC), un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) ou un trouble du langage (TDL).

La rééducation

L'apprentissage de l'écriture se construit progressivement : l'enfant apprend d'abord le geste, puis le perfectionne avant de l'automatiser afin d'écrire de façon fluide, rapide et peu coûteuse. En rééducation, l'approche NTT* permet d'identifier où il se situe dans ce processus et d'adapter les objectifs. Selon les besoins, le travail peut consister à reprendre les bases du geste (par exemple le tracé qui forme une lettre, appelé ductus), à améliorer la précision et l'efficacité de l'écriture, grâce à des exercices aux contraintes variées, ou à favoriser son automatisation en s'entraînant à écrire plus vite, plus longtemps ou dans des situations plus complexes (présence de distracteurs, double tâche...).

En complément, l'approche CO-OP** s'appuie sur les stratégies cognitives pour aider l'enfant à résoudre les difficultés qu'il rencontre. Plutôt que de lui montrer directement la bonne manière de faire, le thérapeute le guide par des questions et des indices afin qu'il découvre lui-même des stratégies efficaces, qu'il pourra ensuite réutiliser dans d'autres situations.

L'imagerie mentale constitue également un outil intéressant : se représenter mentalement un geste avant de l'exécuter facilite sa préparation et son apprentissage. Enfin, la rééducation intègre des stratégies de métacognition qui encouragent l'enfant à réfléchir à sa manière d'apprendre, à identifier ce qui l'aide ou le freine, et à développer progressivement sa capacité à s'auto-corriger.

*NTT : Neuromotor Task Training

**CO-OP : Cognitive Orientation to Daily Occupational Performance

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