Difficultés d’attention et fonctions exécutives

Des difficultés de régulation dans la vie quotidienne

Les difficultés de régulation des fonctions exécutives correspondent à un fonctionnement moins efficient de certains processus cognitifs. Ces derniers interviennent dans le contrôle, l'organisation et l'adaptation du comportement, afin d'atteindre un objectif. Lorsqu'ils sont moins performants, l'enfant peut avoir du mal à maintenir son attention, résister aux distractions ou contrôler ses impulsions. Il peut également éprouver des difficultés à planifier une tâche, s'adapter à une situation nouvelle ou gérer plusieurs informations en même temps.

Ce fonctionnement a souvent un retentissement sur les apprentissages scolaires et les activités de la vie quotidienne. Il peut compliquer la réalisation des devoirs, l'organisation du travail, le respect des consignes, l'autonomie ou encore la gestion du matériel scolaire.

La littérature décrit généralement trois fonctions exécutives dites « centrales » :

  • L'inhibition, qui permet de contrôler une réponse impulsive ou automatique

  • La mémoire de travail, qui permet de maintenir temporairement une information et de la manipuler mentalement

  • La flexibilité cognitive, qui permet de modifier sa stratégie ou de s'adapter lorsqu'une situation évolue

Ces fonctions soutiennent des capacités plus complexes, telles que la planification, l'organisation, le raisonnement, la résolution de problèmes ou encore l'autorégulation.

Les difficultés exécutives sont fréquemment associées au trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Elles sont également retrouvées dans d'autres troubles du neurodéveloppement, notamment le TSA. Elles peuvent aussi être observées chez certains enfants présentant un TDC, avec une expression très variable selon les profils.

Comme le rappelle la Haute Autorité de Santé, les difficultés attentionnelles et exécutives peuvent avoir des répercussions importantes sur les apprentissages, l'autonomie, les relations sociales et le bien-être de l'enfant. Elles ne traduisent ni un manque de motivation, ni un manque d'efforts, mais reflètent un mode de fonctionnement neurodéveloppemental nécessitant souvent des adaptations et un accompagnement spécifique.

L'évaluation des fonctions exécutives s'inscrit dans une démarche pluridisciplinaire. Lorsqu'une exploration spécifique est nécessaire, elle est réalisée par un neuropsychologue à l'aide d'un entretien clinique, de questionnaires et de tests standardisés. Le bilan psychomoteur n'a pas pour objectif d'établir un profil neuropsychologique des fonctions exécutives. En revanche, il permet d'en observer les répercussions dans les activités motrices, les apprentissages et les situations de la vie quotidienne. Il contribue ainsi à mieux comprendre le retentissement de ces difficultés et à définir les objectifs de l'accompagnement.

A retenir

Les difficultés attentionnelles et exécutives peuvent passer inaperçues pendant plusieurs années, notamment lorsque l'enfant bénéficie d'un environnement très structuré ou met en place des stratégies de compensation.

Elles deviennent souvent plus visibles lorsque les exigences scolaires augmententet que l'enfant doit gérer seul son travail, s'organiser, planifier ou réaliser plusieurs tâches en autonomie.

Un retentissement observé de façon durable, dans plusieurs contextes de vie (école, maison, activités), justifie une évaluation afin de mieux comprendre les difficultés rencontrées et d'adapter l'accompagnement.

Les interventions proposées

Les recommandations de l'HAS privilégient une prise en charge globale, associant différentes interventions selon les besoins de l'enfant.

La psychoéducation constitue généralement la première étape de l'accompagnement. Proposée par les professionnels qui assurent le suivi (médecin, psychologue, psychomotricien, orthophoniste, ergothérapeute…), elle permet à l'enfant et à sa famille de mieux comprendre le trouble, son origine, ses manifestations et son retentissement dans la vie quotidienne.

Chez les enfants présentant un TDA/H, l'HAS recommande également les programmes d'entraînement aux habiletés parentales (PEHP). Animés par des professionnels spécifiquement formés (psychologues, psychomotriciens, pédopsychiatres ou autres professionnels de santé ou du secteur médico-social), ils apportent aux parents des outils concrets pour adapter leurs pratiques éducatives, mieux accompagner leur enfant au quotidien et prévenir les situations de tension.

En présence de difficultés émotionnelles, comportementales ou d'une impulsivité importante, des thérapies comportementales, cognitives et émotionnelles (TCCE) peuvent être indiquées. Réalisées par un psychologue ou un pédopsychiatre, elles aident l'enfant à mieux comprendre ses émotions, développer des stratégies d'autorégulation et améliorer ses relations avec les autres.

La remédiation cognitive peut être également proposée lorsque les difficultés attentionnelles et exécutives retentissent sur les apprentissages ou la vie quotidienne. Elle est mise en œuvre par différents professionnels, notamment les neuropsychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes et orthophonistes, chacun dans son champ de compétences. Son objectif est d'aider l'enfant à développer des stratégies pour mieux mobiliser son attention, organiser son travail, planifier une tâche, contrôler son impulsivité et gagner progressivement en autonomie.

Au cabinet, la remédiation cognitive s'appuie sur des exercices ciblés, des activités de raisonnement, des jeux adaptés et une démarche pédagogique favorisant la compréhension. Progressivement, l'enfant apprend à réfléchir à sa façon de faire, à choisir les stratégies les plus adaptées, puis à les réutiliser de manière autonome dans ses apprentissages et sa vie quotidienne.

Chez certains enfants présentant un TDA/H, un traitement médicamenteux peut être envisagé lorsque les interventions non médicamenteuses ne suffisent pas à réduire le retentissement des symptômes. Prescrit par un pédiatre, un neuropédiatre ou un pédopsychiatre ayant l’expertise nécessaire, il s’intègre dans une prise en charge globale et complète les autres interventions, sans les remplacer.

Cabinet de psychomotricité

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